Il fait froid, le sol est dur, le jardin est silencieux. Et pourtant, si vous regardez attentivement les branches de votre noisetier en ce début janvier, vous verrez quelque chose d'extraordinaire : de petits chatons jaunes qui commencent à pendre, légers, presque timides. Le noisetier est l'un des premiers arbres à fleurir en France, parfois dès les derniers jours de décembre dans les régions les plus clémentes, début janvier chez moi, en Ariège.
C'est un spectacle discret, presque secret. Pas de fleurs spectaculaires comme au printemps — juste ces longues grappes allongées, ces chatons mâles couverts de pollen jaune qui se balancent au vent. Et si vous cherchez bien, vous trouverez les minuscules fleurs femelles : de tout petits bourgeons rouges à l'extrémité de certaines branches, pas plus gros que des têtes d'épingle.
Pourquoi fleurir en plein hiver ?
Ce n'est pas un accident de la nature, c'est une stratégie évolutive brillante. Le noisetier est anémophile — il est pollinisé par le vent, pas par les insectes. En fleurissant en janvier-février, quand tous les autres arbres sont encore nus, il n'y a aucune compétition pour la dispersion du pollen dans l'air. Les branches des autres arbres n'ont pas encore leurs feuilles — le pollen voyage librement sur des dizaines de mètres sans obstacles.
L'inconvénient pour les personnes allergiques au pollen de noisetier : ils sont souvent les premiers à souffrir de l'année, dès janvier, alors que la plupart des gens s'attendent encore à être tranquilles quelques mois.
Le noisetier en Ariège : un compagnon discret et généreux
Dans les haies et lisières de l'Ariège, le noisetier est omniprésent. Il pousse spontanément dans les sous-bois, le long des chemins, dans les bords de ruisseaux. Il tolère le sol argileux, les expositions mi-ombragées, l'altitude jusqu'à 1200 mètres environ.
Et il donne des noisettes — des dizaines de kilos chaque année sur un bel arbuste adulte. En Ariège, il faut juste être plus rapide que les écureuils. Ces derniers repèrent les noisettes avant vous et stockent une bonne partie de la récolte. La solution : cueillir les noisettes légèrement avant maturité complète, quand la coque est encore verte mais que le fruit est déjà formé. Elles finissent de sécher dans un endroit sec à l'abri.
Planter un noisetier dans son jardin
Si vous n'en avez pas, plantez-en un. Ou deux — le noisetier a besoin d'un pollinisateur d'une variété différente pour bien fructifier. Les variétés classiques sont la Fertile de Coutard, la Merveille de Bollwiller et la Tonda Gentile. Si vous avez de la place dans une haie, plantez simplement un noisetier sauvage prélevé dans la nature (légalement, sur votre terrain ou avec autorisation) — il sera parfaitement adapté à votre sol et produira des noisettes de qualité.
Le noisetier se plante en novembre-décembre à racines nues, ou toute l'année en pot. Il pousse vite — 60 à 80 cm par an les premières années — et produit ses premières noisettes dès la 3e ou 4e année. Aucun traitement, aucun arrosage (sauf les premières semaines après plantation), aucune taille indispensable bien que l'on puisse supprimer les vieux bois tous les 5 à 7 ans pour relancer la production.
En ce moment au jardin
En janvier en Ariège, le jardin est au repos. Les températures nocturnes descendent régulièrement sous zéro, le givre recouvre les herbes les matins clairs. C'est le bon moment pour tailler les arbres à pépins (pommiers, poiriers), commander les graines pour la saison, et se promener dans le jardin les jours de beau temps pour observer ce qui bouge — comme ces chatons de noisetier qui annoncent, à leur façon discrète et têtue, que le printemps finira par arriver.
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